"Nous sommes emportés par le temps et nous demandons aux paysages de calmer notre angoisse."

Serge Bouchard, Les Paysages Humains

une peinture à contre-courant

Points de mires, points de vue en survol. Plongée, immersion dans un espace aquatique où la perte de repères participe de la perception. Le miroir d’un monde qui s’auto-suffit, ou plutôt l’image d’un monde à la renverse, comme si regarder le paysage en face était devenu impossible. Nécrose invisible du paysage cultivé, absurdité des jardins clés en main, artificialité des aires d’autoroutes arborées, mise sous cloche de sites sous l’appellation "parc naturel", tentante est la fuite d’un tel environnement paysager, beaucoup trop paysagé.

Entamée voici 15 ans durant ma maîtrise en arts visuels, cette réflexion sur les résurgences de la mélancolie en peinture est fortement ancrée dans le champ contemporain, tant par l’audace de son anachronisme, que par la recherche du fragmentaire, du dissout, du partiel et d’un figuratif détourné. En me focalisant sur la surface de l’eau, je cherche à mêler le réel à son image, en somme à tisser entre ce réel supposé et son immatérialité des liens inédits.

Aussi, en véritables éléments dynamiques, les oiseaux brisent le miroir, l’image reflet vole en éclat. Les danses de poissons rouges s'animent sous la surface, et rythment les compositions semi-abstraites. Dessin animal devenu composition picturale. Etoffe aquatique froissée au passage de la foulque. Peinture teintée de mélancolie, donnant à voir un insaisissable ailleurs.

 

Elise BARAT

Née en 1984

Diplômée de la Faculté d'Arts Plastiques de Strasbourg

Master II arts visuels sous la direction de Germain Roesz en 2007

Mémoire sur les résurgences de la mélancolie dans la peinture paysagère contemporaine

Titulaire d'une Licence métiers de l'exposition et technologies de l'information (Université de Besançon) obtenue en 2009

Vit de son art depuis 2013